Prologue

Courir, tomber, se relever, courir. En un mot : Survivre. Ma respiration devenait haletante. Mes membres ne suivaient plus. Etait-il encore derrière moi ? Quelle importance ! Il me retrouvera où que j'aille, il me l'a déjà prouvé. Epuisée, je me laissai tomber sur la roche encore chaude. La falaise n'était pas très haute, à environs quinze mètres du sol. Mais quinze mètres, c'était bien assez pour me donner le vertige. Il riait, ô ça oui il riait. Le voyant s'approcher, je me levai d'un bond. A présent il me fixait avidement. Comme lorsque l'on est sur le point d'attraper sa proie pour ensuite l'engloutir en une seule bouchée. Je dégluti en serrant les poings.
- Je ne suis pas là pour te tuer. M'assura t-il amusé
Son sourire s'élargit. De plus en plus, l'adrénaline se faisait ressentir. Mon pouls s'accéléra quand il leva son bras droit vers le ciel grisâtre, ne quittant pas pour autant mes yeux terrifiés. Celui-ci fut alors déchiré par un éclair puissant. Je sursautai.
- Qui es-tu ?
- Crystal... lança t-il de sa voix de velours, tu le sais déjà.
- Je n'y crois pas. Répliquai-je froidement
Il ne releva pas.
- J'ai passé l'âge des contes de fées et des mythes en tout genre.
- Je ne suis pas un conte de fée, ni un mythe.
- Alors qui es-tu ?
- Je suis un Dieu.


Palpitations intense, c½ur en milles morceaux, je sombrai difficilement dans la solitude.



# Posté le mercredi 01 avril 2009 11:55

Modifié le samedi 24 octobre 2009 12:51

« L'Alliance Sacrée » Quand une disparition peut se transformer en mythe.

♦             « L’Alliance Sacrée »                                                       Quand une disparition peut se transformer en mythe.
Chapitre 1

Le bal des débutantes était quelque chose d'anodin ici, dans le Michigan. Seules les personnes ne faisant pas partie de la haute communauté n'étaient pas conviées à ce genre de traditions. Ce n'était pas mon cas. Pour ma mère et ma grand-mère, j'avais daigné y participer. Mais à la simple idée de porter une robe dans laquelle je n'arriverais pas à respirer, me renvoya une vision d'horreur. Les bals n'étaient pas le genre d'occasion dans lesquels je me sentais à l'aise. A l'inverse de ma mère qui, à mon âge, y avait rencontré mon père. Elle avait dix-sept ans, il en avait dix-neuf. Sur une valse tout à fait entraînante, il l'avait arraché des mains de son cavalier et sans un mot, l'avait entraîné dans une danse où elle perdait tout ses repères. Un regard, un sourire, une mélodie sans fin. Puis il s'était approché de son visage, et tendrement, lui avait murmuré : « Entre nous, c'est un amour courtois. » Il s'en est allé la seconde suivant cette révélation. Celle-ci n'avait pour moi aucun sens jusqu'à présent, car l'absence de mon père commencer à réveiller en moi une sorte de manque auquel il m'était impossible de remédier.
Abandonnant mes sombres pensées, j'étudier mes traits à l'aide de mon miroir. Cette robe était faite pour moi : ces coutures dorées, ce corsage peu vulgaire, ces motifs d'époque, c'était parfait.
- Tu es ravissante... s'exclama ma mère en entrant dans la pièce.
- Oh... Sursautai-je, je suis désolée d'avoir emprunté ta robe, je n'ai pas eu le temps d'acheter la mienne et puis grand-mère m'a laissé fouiller dans tes coffres.
S'approchant de moi, elle me fit signe de regarder mon reflet dans le miroir. J'obéis sans piper mot.
- Ton père, reprit-elle tout sourire, il serait très fier de toi Crystal. Tu es magnifique.
J'acquiesçai en repoussant légèrement une mèche de cheveu. C'était bien là, l'une des rares fois où elle parlait de lui. Stupéfaite, je me retournai vers elle le sourire béat. Tendant sa main vers la mienne, je découvris un médaillon d'une splendeur à vous coupez le souffle. Par peur de le toucher, je ne fis que le regarder.
- Ce médaillon, c'est tout ce qu'il me reste de ton père. De valeur s'entend. Il représente tout pour moi, tous mes souvenirs, tout mon amour pour lui, toute ma vie. Il t'appartient à présent...
- Pourquoi me l'offrir ?
Demandai-je soucieuse
- Car j'espère qu'il t'aidera à comprendre certaines choses comme... la personne que tu es, la place que tu occupe dans ce monde. Dans mon c½ur, sourit- elle en l'enfilant autour de mon cou.
Et avant que je ne puisse me rendre compte qu'elle avait retiré ses mains du bijou en question, une sensation étrange m'envahit. Le contact de celui-ci sur ma peau frêle me brûlait. Surprise, je posai ma main sur le médaillon en ouvrant de grands yeux.
- Crystal ? Tu vas bien ? S'enquit ma mère aussitôt
- Je ne sais pas, repris-je après quelque secondes, c'est... étrange... le médaillon me... il me brûlait... mon c½ur... Lançai-je essoufflée
- Mais qu'est-ce que tu racontes ?
Une réponse m'aurait été d'un énorme réconfort.
- Chérie, nous devons y aller, tu ne peux pas te permettre d'arriver en retard.
- Je te rejoins dans la voiture.
Soufflai-je le regard dans le vide
- Tu es sûre ?
- Oui.

Après qu'elle eut quitté la pièce, mon reflexe fut de me tourner vers le miroir. Stupéfaite, je réprimer un cri. La peur laissait place à la suspicion. Ce n'était pas mon reflet que j'apercevais de l'autre côté de la glace. Cette personne n'était plus moi, du moins en partie. La robe écrue et dorée que je portais il y a quelques minutes, laissai place à une robe digne d'une déesse grecque : blanche, longue, indescriptiblement magnifique. Mes cheveux naturellement détaché été relever par un chignon mêlé de boucles parfaitement dessiné, sans parler de la couronne de laurier couleur or, qui permettait de maintenir le tout. Le médaillon, lui, était toujours là, mais pour une raison qui m'était inconnue, il brillait d'autant plus. Mes traits étaient doux, tendre. Mais au moment où j'ai voulus m'approcher pour me prouver que tout ceci n'était pas réel, ils dévirent méfiants, puis se figeaient. «Il va mourir Crystal ! Par ta faute ! » Plastronna la voix d'une dureté que je ne connaissais pas. Quand je compris que cette phrase m'était destinée, je dégluti en reculant par reflexe. Mon regard se figea alors sur le médaillon, celui-ci ne brillait plus. Les yeux larmoyants, je levais de nouveau la tête vers le miroir. Mon reflet y avait disparu.

*


Comme prévus, Margareth m'attendait devant l'entrée de la salle. A sa droite, se trouvait Camden Parker, un élève de terminal plus intéresser par le match de basket de vendredi prochain que par ma meilleure amie. Elle le savait bien, mais être escorter par le garçon le plus populaire du lycée, était une opportunité à saisir. L'image, c'est tout ce qui importait. C'est pourquoi nos avis étaient si divergents.
- Crystal ! Me héla t- elle le sourire béat, te voilà enfin.
- Excuse-moi, j'ai eus un contretemps.
Le reflet dans le miroir me revint en mémoire, je ne devais en aucun cas y faire allusion.
- Camden, Crystal, Crystal Camden.
Quelques signes de la main pour abréger les présentations, et nous entrâmes à l'intérieur. La salle était décoré de guirlande crème, l'éclairage était tamisé par des lustres et bougies posé sur toutes les tables.
Elle paraissait immense, infini.
- Tu es magnifique... susurra une voix à mon adresse
C'était Alexzander, mon cavalier. Je pourrais reconnaître sa voix entre milles.
- Toi aussi Alex, souriais-je en resserrant son n½ud de cravate.
- Je croyais que tu annulerais suite à ton message ce matin.
- Je ne me sentais pas d'humeur à valser.
- Qu'est-ce qui t'a fais changé d'avis ?

Mon regard se tourna vers l'autre bout de la salle.
- Ma mère...
- Tu veux en parler ?
S'enquit- il aimablement
- Quand le moment viendra. Répondis-je sur le même ton, en attendant, montre moi ce que tu sais faire.
- Si tu parles de danse, tu as du souci à te faire.
Rit- il en m'emmenant dans la cohue
Le bal commençait à peine. Ma mère, co-présidente de celui-ci, s'était chargé de faire venir un orchestre jouant
des valses ou des airs de Debussy. Clair de lune était mon préféré. Une révérence de chaque cavalier, et le bal débuta sur cette chanson. Je me devais d'avouer qu'Alexzander était plutôt doué. Contrairement à moi qui, à ses côtés, paraissait être débutante dans ce domaine. Pourtant je m'étais préparé à cette soirée en prenant des cours de danses, on dirait que ça n'a pas suffit.
- Je t'ai dis à quel point tu étais magnifique ce soir ? Me gratifia mon cavalier
- Tu l'as déjà dit, oui. Souriais-je en répétant mes pas.
- Crystal, il faut que je te parle, c'est au sujet...
Brutalement, le son de sa voix ne m'était plus perceptible. Croyant à une hallucination, je ralentissais le pas pour mieux observer ses lèvres bouger. Soudainement, un cri strident vint à résonner à mes oreilles. Perplexe, j'arpentai la pièce dans toute sa superficie.
- ... Je sais que c'est étrange... continua mon ami
La voix devenait de plus en plus audible, surprise, je perdais mes pas. Alexzander me rattrapa aussitôt.
- Crystal ! Tu vas bien ?
- Je... J'ai besoin... d'air...
arrivai-je à dire après quelques secondes d'hésitation.
- Hum... sortons. Fit- il en regardant la foule interloquée
Reprenant mes esprits, soutenus par mon meilleur ami, j'avançai vers la grande porte dorée. C'est à ce moment là que ma vie perdit tout sens, trois mots. Dix lettres :

« Il va mourir Crystal, il va mourir... »





* Je sais que c'est minable, pas la peine de le redire. J'suis pas au top..

# Posté le mercredi 01 avril 2009 12:52

Modifié le dimanche 25 octobre 2009 04:36